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  • Hamza a braqué le game avec « Toxic » (feat. Rema) — Et si c’était lui, le numéro 1 du rap francophone ?

    On ne l’a pas vu venir. Peut-être parce qu’il ne mesure pas deux mètres — rires — mais surtout parce que Hamza n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour asseoir sa domination. Loin des clichés de la virilité ostentatoire du rap français, le Saucegod a préféré affûter ses armes dans l’ombre : la mélodie, la maîtrise des codes musicaux mondiaux, et ce franglais devenu sa signature planétaire.

    Et aujourd’hui, il vient de braquer le game. « Toxic », en featuring avec Rema, n’est pas qu’un banger de plus dans sa discographie. C’est un tournant historique, une démonstration de force, un moment charnière dans l’histoire du rap francophone.

    Une connexion légendaire : Hamza x Rema

    Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore (vraiment ?), Rema est une superstar mondiale de l’Afrobeat, notamment connu pour son hit planétaire Calm Down en duo avec Selena Gomez. On parle de plus d’un milliard de vues sur YouTube, de tournées mondiales, d’un son qui fait danser de Lagos à Dubaï, de Los Angeles à Abidjan.

    Dans Toxic, Hamza ne se contente pas d’inviter une star. Il entre dans le terrain de jeu de Rema, l’Afrobeat — ou du moins sa zone d’influence — et lui répond avec une maîtrise hallucinante du dancehall, la racine directe de ce style en vogue.

    Une masterclass dancehall… signée Hamza

    Oui, le couplet d’Hamza est un masterclass technique et culturel. On est ici très loin du simple feat marketing. Hamza déroule un flow dancehall digne des plus grands, enchaînant gimmicks, références, placement rythmique et aisance vocale avec un naturel déconcertant :

    > “Hey murder, ton pussy appelle la police pour un murder / La marijuana que je fume vient de Meuda…”

    Murder murder”, clin d’œil aux refrains classiques de Chaka Demus ou Beenie Man.

    Meuda”, verlan d’Amsterdam, capitale sacrée du cannabis, pilier symbolique de la culture reggae/dancehall.

    Eliantte”, référence aux joailliers du rap US, symbole de l’ascension dans le rap mondial.

    C’est fin, c’est technique, c’est puissant. Hamza ne se contente pas de rapper, il incarne la vibe, et réussit le tour de force de rivaliser avec le prince de l’Afrobeat sur son propre terrain. Peu d’artistes francophones ont réussi cet exploit.

    Le boss des mélodies

    Ceux qui suivent Hamza depuis 1994, Paradise ou Santa Sauce le savent : il est un tueur en mélodies depuis le début. Sa capacité à créer des ambiances sensuelles, nocturnes, aériennes n’a pas d’équivalent en France.Et Toxic le prouve encore une fois : il assure le refrain avec une aisance désarmante, quelque part entre le RnB des années 2000 et une pop urbaine futuriste. Certains y verront du Matt Houston, d’autres du Tory Lanez… mais c’est bien Hamza qu’on entend, et lui seul.

    Hamza : l’artiste le plus complet du rap francophone ?

    On a posé la question à un collègue : qui est le boss actuel du rap FR ? Il nous a répondu SDM. Ok. SDM, gros vendeur, charisme alpha, poids lourd du moment. Mais soyons sérieux : musicalement, Hamza est d’un autre niveau.

    En termes de mélodie, c’est le patron.

    En termes de franglais maîtrisé, il ouvre des portes que d’autres n’osent même pas pousser.

    En termes de versatilité, il est capable d’alterner entre RnB, trap, drill, afro, dancehall, sans forcer.Et surtout : il parle au monde entier. Là où d’autres sont rois dans leur département, Hamza joue dans la ligue internationale.

    Un seul bémol : où est l’album « référence » ?

    Malgré une discographie riche en classiques, il manque encore à Hamza l’album qui met tout le monde d’accord. Celui qui viendra clore le débat, poser la couronne sur sa tête, et faire taire ceux qui disent, à raison parfois, que Hamza est surtout un génie du feat.Mais après Toxic, cette critique semble de plus en plus obsolète. Parce qu’avec ce son, Hamza n’a pas juste invité Rema. Il l’a rejoint, dominé, transcendé. Ce feat est un jalon, une pierre blanche sur la route vers le statut de légende.—Alors, c’est qui le vrai patron ?Le rap français a connu des rois, des empereurs, des météores. Booba, Gims, Damso, Ninho… chacun a régné à sa manière. Mais en 2025, dans le présent immédiat, le numéro 1, c’est peut-être bien Hamza.Et vous, qu’en pensez-vous ? Est-ce que « Toxic » est la preuve ultime que Hamza mérite la couronne ? Est-ce que l’industrie est prête à reconnaître la valeur d’un artiste qui n’élève pas la voix mais élève la musique ?

    Article signé par Mac Keys pour HarmonieCulture.com

  • DIALA DIAMA – Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas Une rencontre entre Essaouira, Marseille et Dakar Par Mac Keys – Galsen Jazzpera

    DIALA DIAMA – Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas Une rencontre entre Essaouira, Marseille et Dakar Par Mac Keys – Galsen Jazzpera

    En ce début 2025, un vent chaud souffle depuis les côtes atlantiques marocaines. Il apporte avec lui des sons organiques, une voix habitée, et des textures électroniques portées par un souffle nouveau. Ce projet, c’est DIALA DIAMA, un duo né de la rencontre entre Mame Cheikh, chanteur et compositeur sénégalais, et Norman, producteur français connu sous le nom de Koldd. À travers leur premier album « Dyeguëma », ils nous livrent un univers intime, libre et résolument contemporain. Entrevue croisée avec les deux artistes.

    Comment s’est faite votre rencontre ?

    Mame Cheikh : C’était début 2024, dans un restaurant sénégalais à Essaouira. Norman traversait une période compliquée et était venu manger un bon thiéb. On a commencé à discuter, et très vite, la musique est devenue le centre de la conversation. On a vu qu’on vibrait pour les mêmes choses.

    Norman : J’avais installé mon home studio à Essaouira pour explorer de nouvelles sonorités. Cette rencontre avec Cheikh, c’était inattendu, mais évident. La musique a tout de suite circulé entre nous.

    Que signifie “DIALA DIAMA” ?

    Mame Cheikh : C’est une expression wolof qui veut dire : « Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ». L’idée que les apparences ne disent pas tout, que l’un a besoin de l’autre pour révéler sa valeur. C’est très symbolique pour nous deux, un Africain et un Européen qui créons ensemble.

    Comment avez-vous travaillé sur l’album “Dyeguëma” ?

    Norman : On a passé un an à enregistrer, improviser, expérimenter. On s’est entouré d’amis musiciens comme Bertrand aux percussions, Victor et Clément, qui nous ont beaucoup aidés à structurer le projet. L’album a été conçu entre Essaouira et Marseille, en sessions très libres, toujours guidées par l’émotion.

    Mame Cheikh : Moi, j’ai l’habitude de composer à la guitare. J’adore partir de là. Chaque morceau de Dyeguëma raconte quelque chose – l’amour, la détermination, l’harmonie. Ce sont des messages pour toutes et tous, au-delà des couleurs ou des origines.

    Comment définiriez-vous votre style musical ?

    Mame Cheikh : Je viens du Sénégal, j’ai grandi avec les traditions, mais aussi le hip hop. J’ai travaillé avec des artistes au Mali, au Maroc, avec Galsen Jazzpera aussi. J’essaie de chanter ce que je vis, dans mes langues. Ce qui compte, c’est que ça parle au cœur.

    Norman : C’est un blues du désert, traversé par les vents de l’Atlantique. On est quelque part entre le dub, l’électronica, la folk minimaliste. Mais on évite les clichés de la « fusion ». On veut du contraste, pas du collage.

    Et la scène, c’est pour bientôt ?

    Mame Cheikh : Oui ! Le live, c’est là où notre énergie prend vraiment vie. On veut faire vibrer le public, partager ce message d’unité et de beauté simple. Jouer en Afrique, en Europe, dans les grands festivals, ce serait un rêve.

    Un mot de la fin ?

    Norman : On espère que Dyeguëma touchera les gens autant qu’il nous a touchés. Merci à toute l’équipe, et à ceux qui nous soutiennent depuis le début.

    Mame Cheikh : Merci aussi à Galsen Jazzpera, et à tous ceux qui croient en la musique comme langage universel. Ce n’est que le début.

    Instagram : @dialadiama